7 jaws

7 JAWS : “À partir du moment où on s’arrête de chasser quelque chose, on est mort”

  • Nicolas Foret
  • 2 mois Ago
  • Musique
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Un lieu, une rencontre peu parfois changer une vie qui semblait toute tracée. C’est ce qu’il aura fallu à 7 JAWS, très tôt enfermé dans une routine alimentaire pour décider de se lancer dans sa passion. Comme toute une génération de rappeur, c’est au Japon qu’il a trouvé le nécessaire pour se dire que c’était possible. Cette force ne l’a depuis jamais quitté ce qui lui permet aujourd’hui d’envisager l’avenir sereinement avec plein de projets en tête. Rencontre avec un néo-parisien qui aura toujours la tête au Japon.

Où est-ce que tu as grandi ?

J’ai grandi à Sarrebourg avec tout une bande de potes. On se retrouvait dans un appartement, c’était comme une famille. J’ai même passé certains Noëls là-bas. C’est avec cette bande d’amis que j’ai commencé à faire mes premiers freestyle. C’est grâce à ces moments que je me suis pris de passion pour la musique.

À quel moment as-tu choisi de monter sur Paris ?

J’ai décidé de monter sur Paris il y a 3 ans. Je travaillais dans une casse automobile, ça ne se passait pas très bien. Je suis allé à Tokyo pour la première fois et sur place j’ai rencontré Nabil Quenum (Jaiperdumaveste), qui m’a ouvert les yeux sur le fait que faire un métier alimentaire à mon âge ce n’était peut-être pas la bonne solution. À mon retour de Tokyo, j’ai voulu mettre les choses au clair avec mon patron à la casse et finalement il m’a viré. Je me suis installé à Paris dans la foulée, j’ai commencé des études de programmation et en parallèle je me suis mis sérieusement à la musique.

Avec du recul maintenant, qu’est-ce que t’a apporté cette rencontre avec Nabil ?

Il m’a simplement montré que c’était possible de transformer sa passion en un métier à plein temps. La photographie c’est comme la musique, c’est plutôt compliqué d’en vivre. Il avait toujours une phrase que je trouve encore pertinente aujourd’hui « Il faut aller où la vibe est bonne ». Il recherchait des ambiances où on ne juge pas les gens sur leur origine où ce qu’ils font, du moment que l’énergie était bonne il fallait y aller. Il avait une grande facilité à aller aborder les gens et j’ai beaucoup appris à le voir faire pendant mon séjour à Tokyo. J’ai toujours une pensée pour lui.

On doit toujours poursuivre un but. À partir du moment où on s’arrête de chasser quelque chose, on est mort – 7 JAWS

Qu’est-ce qui t’a marqué au niveau culturel durant ce voyage à Tokyo ?

La sérénité ambiante me manque vraiment. Le fait que n’importe où à n’importe quelle heure, tu sens que tu n’auras jamais une embrouille. Paris ce n’est pas Chicago non plus, mais ici on doit toujours être sur le qui-vive. La manière dont les habitants vont au bout des choses dans leur style est aussi impressionnante. Tu peux croiser des gens habillés tout en kawi, tout en streetwear ou même des jeunes en costards avec tout le poids de leur famille sur le dos.

Tu es également un fan de manga, c’est lequel ton préféré ?

Je suis un grand fan de Hunter X Hunter, je m’identifie beaucoup au personnage principal. Il est très jeune, son père est parti et il va faire un voyage initiatique pour le retrouver. Le côté « Toujours chasser quelque chose » aussi me parle beaucoup. La mentalité du Hunter c’est de toujours avoir un objectif précis. Il y a des Hunter cuisinier qui vont chasser des goûts, des musiciens qui recherchent des mélodies perdues … On doit toujours poursuivre un but. À partir du moment où on s’arrête de chasser quelque chose, on est mort.

Qu’est ce que tu lis actuellement ?

J’ai lu Baki récemment c’est plutôt marrant. Gambling school aussi qui raconte l’histoire d’une école où ils font des jeux d’argent. C’est des choses que je regarde le soir pour me distraire, mais il n’y a encore rien qui a vraiment changé ma vision comme Hunter X Hunter.

J’essaye d’être le plus transparent dans mes chansons, c’est parfois trop, mais c’est honnête – 7 JAWS

Est ce que ça t’arrive de te retrouver dans le style vestimentaire des personnages de manga ?

Ouais carrément ça m’arrive parfois. Par exemple j’aime beaucoup les styles d’étudiants japonais, un peu en costards débraillés. J’aimerais bien une fois essayer de m’aventurer là-dedans.

Dans tes premiers projets, tu n’hésites pas à aborder des thèmes plutôt pessimistes sur l’avenir, dans quelles conditions les as-tu construits ?

Je les ai travaillés dans des conditions d’incertitude à propos de mon avenir et de ma construction personnelle. C’est un combat pour se sentir bien et la musique me permet d’exprimer quelque chose que je ne pourrais partager normalement. Mes chansons sont des exutoires et correspondent à des moments clefs de mes états d’esprit. À la fin de ma carrière, je pense qu’on pourra retracer mes états émotionnels avec mes morceaux. J’essaye d’être le plus transparent dans mes chansons, c’est parfois trop, mais c’est honnête.

Tu n’hésites pas à kicker dans Steamhouse alors que Nautilus était beaucoup plus mélodique, pourquoi cette différence ?

Je pense que j’avais plus de choses à dire dans Steamhouse, je viens du freestyle à la base donc c’est quelque chose que j’aime toujours faire. Les mélodies c’est aussi quelque chose qui m’intéresse, je commence à mieux les maîtriser et le prochain projet sera un bon compromis entre les deux.

Avec Seezy on a vraiment voulu construire tout un projet ensemble et j’ai hâte de le sortir – 7 JAWS

Ton dernier morceau, Regarde Lee est beaucoup plus positif, est-ce que c’est le signe que tu es entré dans une nouvelle période de ta vie ?

Ce morceau je l’ai fait pendant une période où j’étais vraiment content d’être en studio. J’étais avec Sam Tiba qui m’a fait tourner une prod, je n’avais rien préparé et j’ai tout écrit sur place. À la fin on s’est rendu compte que le morceau était cool et on a décidé de le sortir. C’est la première fois que je travaillais comme ça, à l’instinct.

Qu’est ce que tu prépares pour 2019 ?

Je prépare une mixtape entièrement réalisée avec Seezy. On s’est rencontré pendant le freestyle Konbini et on est devenu rapidement ami. Parfois on parle de tout sauf de musique. Avec Seezy on a vraiment voulu construire tout un projet ensemble et j’ai hâte de le sortir.

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