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Comment la G-SHOCK s’est-elle imposée dans la culture streetwear

  • Nicolas Foret
  • 1 mois Ago
  • Clothing
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Très peu d’accessoires on su traverser les époques sans prendre une ride et surtout sans avoir à toucher leurs fonctionnalités d’origines. À la manière des chaussure et des vêtements, l’horlogerie possède ses classiques adoptés par le streetwear pour de véritables utilités fonctionnelles. La G-SHOCK a pour beaucoup été la porte d’entrée vers le monde de l’horlogerie. Son prix abordable et sa fiabilité en ont fait une montre de collectionneur alors que sa première fonctionnalité était tout autre. Retour sur l’histoire de cet accessoire qui continue de peser dans la culture streetwear.

casio g-shock-rainbow

Tout est parti d’une balle rebondissante

En 1981, nous sommes en plein coeur d’une révolution pour le monde l’horlogerie. Le système mécanique laisse peu à peu sa place aux montres à quartz, résolument plus fiables et plus solides que leurs aînées. Les ouvriers Japonais de l’époque recherchaient justement des montres capables de résister à leurs conditions de travail. Kikuo Ibe et Yuichi Masuda, se sont ainsi vu confier la mission de concevoir une montre pour répondre au besoin de ces travailleurs. Son cahier des charges était plutôt simple. Les deux hommes devaient imaginer une montre répondant aux règles “Triple 10” :

Pouvoir résister à une chute de 10 mètres
Subir une pression de 10 bars
Être dotée d’une pile d’une durée de vie de 10 ans

Ce cahier des charges simple mais exigeant obligea Kiuko Ibe et Yuichi Masuda à plancher sur le modèle pendant près de deux ans. Pour imaginer la carapace qui allait protéger le mécanisme, l’ingénieur testait n’importe quel élément qui pouvait garantir une résistance aux choc optimale. Dans une interview pour EVINE il expliquait ainsi :

Je trouvais un bout de métal classique, l’enveloppais dans de la gomme pour former une balle et la lançais du deuxième étage – Kiuko Ibe

Le résultat était naturellement plutôt concluant mais l’ingénieur n’était pas sûre encore de la protection de son boitier. Pour tester ses prototypes, les ingénieurs jetaient simplement les montres à travers leur bureau situé au 3 ème étage de leur batiment. Près de 200 prototypes sont donc passés par la fênetre de Kikuo Ibe et Yuichi Masuda en 2 ans de conception. A une époque où tous les horlogers cherchaient à affiner leur boitier, l’ingénieur pris le contre courant de l’air du temps en mettant au point une couverture de protection en 5 couches de polyuréthane pour conserver tout les éléments. C’est de cette protection que la G-SHOCK a hérité son aspect protéiforme.

Seulement, le système à quartz de l’époque n’était pas aussi résistant qu’aujourd’hui et avait encore du mal à passer tous les crash test. C’est en observant une balle rebondissante dans un parc que Kiuko Ibe eut l’idée qui changea sa vie. Il mit au point une enveloppe creuse au sein de laquelle le système à quartz ne reposait que sur seulement quelques points en gel absorbant. En 1983, l’ingénieur présenta la Casio Gravitational Shock qui deviendra par la suite notre G-SHOCK.

Les Master of G : la série qui a construit la légende de la G-SHOCK

Dès son lancement, la montre trouva très vite son public auprès des professionnels. Ouvriers du bâtiment, militaires et policiers l’ont rapidement adopté ce qui a permis à G-SHOCK de continuer d’investir pour améliorer son système. En 1985, c’est le début des Master of G, une série de montres dotées de fonctionnalités propres destinées à des disciplines extrêmes. La Mudman ouvre cette collection qui fera date dans le domaine de l’horlogerie. Avec sa couverture infaillible, la Mudman s’est rapidement imposée comme la montre des ouvriers du bâtiment mais aussi de tous les métiers ayant besoin d’accessoires extrêmement résistants. La Frogman proposait quant à elle des fonctionnalités uniquement destinées aux plongeurs qui pouvaient compter sur elle jusqu’à 200 mètres de profondeur. Une autre montre de cette série à marqué la marque : La Gulfman. Cette montre avait été imaginée spécialement à destination des marins et des sauveteurs en mer. La Gulfman était ainsi la première montre dotée de la technologie Quad Sensor qui permettait de détecter les variations météorologiques. Rangeman, Gravitymaster et surtout la Mudmaster viendront ensuite un peu plus étoffer cette ligne qui permis à la G-SHOCK de se tailler une solide réputation.

Ce que n’avait cependant pas prévu Kiuko Ibe et Yuichi Masuda, c’est que la G-SHOCK dépasse le monde du travail. Une grande partie du streetwear que l’on connaît aujourd’hui repose sur des personnalités ayant baigné dans le skate des 90s. Cette place importante dans les disciplines extrêmement leur arriva rapidement sous les yeux et ils trouvèrent dans la G-SHOCK un partenaire idéal pour leur ride. 

Première connexion avec le streetwear

C’est à ce moment précis que l’ensemble du marché streetwear commence à s’intéresser à la G-SHOCK. Le streetwear est le résultat d’un assemblage de plusieurs vestiaires qui forment un ensemble cohérent. Au milieu des années 80, la scène skate du japon est en pleine effervescence et inspire toute une génération de designers en devenir qui auront grandi avec cette montre. Les premières G-SHOCK ont petit à petit été adoptées par les skateur tokyoïtes. Les montres de l’époque ne résistaient pas toujours aux chutes et différents chocs induits par cette discipline et la G-SHOCK DW-5900C était la première montre qui répondait à leurs exigences. La G-SHOCK de l’époque était la première pièce dotée d’une couverture en résine nouvelle génération et surtout d’une vitre en fibre de glace. Parmi ces fans de leur première heure, un certain Nigo fondateur de BAPE et Human Made qui entretient une étroite relation avec la montre. La G-SHOCK était d’ailleurs l’une des premières collaborations de BAPE qui en 1998 à sorti 1000 exemplaires d’une montre personnalisée. Très présente au japon, la marque Stussy avait également imaginé une collaboration une année auparavant. Sans vraiment le savoir, ces deux marques ont permis à G-SHOCK de s’ancrer durablement dans la streetculture.

 

L’adoption par la streetculture

Fort de ces deux solides collaborations la G-SHOCK a naturelemnet été adoptée par tout le reste de la scène streetwear du début des années 2010. En 2011, c’est par exemple l’artiste Parra qui signe une DW-5600PR-4 multicolore suivi en 2013 du temple du streetwear Undefeated. Toutes ces collaborations au début des années 2010 ont permis à la G-SHOCK de profiter de l’explosion de la scène streetwear et de s’installer sur le marché global de la mode. Des marques comme Margiela, Maharishi ou encore Pigalle réinventèrent par la suite chacune à leur tour la G-SHOCK en l’incluant pour certains directement dans leurs défilés. Une exposition importante pour la montre qui plus de 30 ans après sa création pouvait toujours compter su sa réputation de fiablité auprès d’une nouvelle génération de designers. Enfin, l’année dernière, G-SHOCK a définitivement bouclé la boucle en imaginant deux collaborations qui revenaient à l’origine de son lien avec le streetwear. BAPE puis Nigo proposèrent chacun à leur tour une montre hommage à l’occasion des 25 ans de BAPE mais aussi des 30 ans de leur collaboration. Ensemble, BAPE et G-Shock mirent au point près de 30 collaborations durant ces années symbole d’une relation fructueuse qui a définitivement marqué le streetwear. 

Aujourd’hui, G-SHOCK, continue de profiter de cet aura en en faisant profiter la nouvelle génération. La marque a atteint la bare symbolique des 100 millions de montres vendues à travers le monde en 2018 à l’occasion de ses 35 ans. G-SHOCK a également lancé sa nouvelle campagne “Never Give Up”. Elle célèbre le parcours de Prince Waly, Victoria Daubervill et Quentin Dubeau, trois artistes au parcours singulier qui force l’admiration. Les GW-B5600, DW-5600MW et DW-5600BB sont disponibles sur le site de G-SHOCK.

 

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