Les 5 nouveaux petits princes de Toronto

  • Mathis Robin
  • 3 mois Ago
  • Musique
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Toronto a toujours été une ville étroitement liée au hip-hop et son histoire. C’est cependant avec la percée de Drake puis celle de The Weeknd au début des années 2010 que l’aura de la ville décuplera. Quand 2 figures aussi importantes de la musique à travers le monde émergent d’une seule et même ville dans un laps de temps si court, il est inévitable que les projecteurs se braquent sur sa scène.

La métropole est désormais aux centres de l’attention, mais en réalité les jeunes artistes restent étouffés dans l’ombre de ces deux superstars à la notoriété presque trop grande pour la ville. Pourtant, de nouveaux noms ont émergé des tréfonds de “The 6”. L’occasion pour nous de vous exposer un autre regard sur la nouvelle scène torontoise.

Roy Wood$ : Le RnB sauce OVO

Drake aime profondément sa ville et a compris rapidement que son aura pouvait être utilisée pour mettre en valeur ses jeunes talents. C’est dans ce but qu’il a décidé de fonder le label October’s Very Own (OVO) affilié officieusement à la scène torontoise.

Une des premières recrues de 6god est âgée de 17 ans à l’époque. Il s’appelle Denzel Spencer et a grandi dans la banlieue de Toronto. Inspiré par Michael Jackson, celui qui se fera appeler Roy Wood$ se révèle être un virtuose du RnB alternatif. Drake le recrutera en 2015 et ainsi l’aidera à forger son ADN via l’équipe OVO. Aujourd’hui à seulement 23 ans il est à Toronto ce que 6lack est à Atlanta. Le nouveau petit prince d’un RnB new age plus que d’actualité.

88Glam, le duo XO par excellence

Dans la continuité de OVO, The Weeknd a également créé son propre organisme nommé XO records. Après avoir révélé le rappeur et producteur d’origine Pendjabi NAV ainsi que Belly avant que celui-ci ne rejoigne Roc Nation (Jay-Z), XO a présenté son nouveau bébé torontois en 2017 : 88Glam.

Après le recrutement de Derek Wise, le label voit le jeune artiste mettre fin à sa carrière solo prématurément pour s’allier à son ami 88camino afin de former le duo 88Glam. Désormais devenu l’activité principale (voir unique) des deux artistes, le duo délivre un premier album éponyme encensé par la critique. Ils se démarquent par une trap mélodieuse et envoûtante caractéristique de l’identité XO. Leurs récentes collaborations avec Lil Keed (protégé de Young Thug) annoncent l’arrivée d’un 3e album qui risque encore de les projeter comme LE duo majeur de Toronto.

KILLY, le rap underground plus trop underground

En 2015, le petit Khalil Tamem arpente les rues de Toronto pour interpréter sa trap nuageuse aux allures de Kanye West. Très rapidement, il se fait remarquer dans la scène underground de “The 6” de par sa capacité à emprunter des airs pouvant parfois rappeler Tame Impala voir même James Blake.

Propulsé par le succès de son morceau “Killamonjaro” en 2017, KILLY s’inscrit alors dans la tradition des rappeurs Soundcloud qui passent de l’underground à la lumière en seulement quelques semaines. Celui-ci a confirmé que Toronto pouvait compter sur lui avec l’album “Light Path 8″ qui a été nominé aux Junos 2020 (équivalent des Grammys au Canada) du meilleur album rap de l’année aux côtés de Tory Lanez, 88Glam, NAV et Classified. Suite à la sortie de l’album, il a été invité à signer un contrat juteux avec Epic Records. Label assez inhabituel pour le milieu du rap puisqu’il était avant tout le label de Rage Against The Machine, du groupe pionnier de punk rock The Clash et même du King of Pop : Michael Jackson.

Jazz Cartier, fournisseur officiel de Trap’n B

Jaye Adams est aujourd’hui âgé de 26 ans et produit de la musique aux côtés de son ami de toujours Michael Lantz depuis bientôt 10 ans. Malgré des débuts longs et compliqués dans la ville de Toronto. Jazz Cartier aka Jacuzzi La Fleur a su, au fil du temps, profiler sa musique et la mener a maturité.

C’est en 2016 avec l’album/ep Hotel Paranoïa que Jazz aboutit enfin à la recette tant attendue. Il propose un rap/trap mélodieux et sautillant, la plupart du temps aux airs de Fetty Wap de 2014 ou parfois de Kid Cudi. Il y ajoute une couche importante d’obscurité, apportant un ton grave à ses différents projets. En 2017 il gagne le Juno du meilleur album rap de l’année avec Hotel Paranoïa. Il continue sur sa lancée en 2018 avec l’album “Fleurever” qui se révèle encore plus maîtrisé puisque le précédent n’en était finalement qu‘un prototype.

Aujourd’hui signé chez Capitol Music, Jazz s’est enfin imposé à domicile et pense désormais à conquérir l’étranger.

Keita Juma, la traversée de l’Atlantique

Le dernier nom de cette sélection est un peu particulier puisqu’il est né de l’autre côté de l’atlantique. Keita Juma est un garçon originaire de Bristol en Angleterre qui a grandi biberonné à la Grime de Dizzee Rascal et aux sonorités de Jungle et Drum N Bass typique de la perfide Albion.

C’est seulement à l’âge de 14 ans qu’il part vivre avec sa famille dans la banlieue de Toronto. Keita découvrira là-bas la culture américaine et en particulier le rap US West Coast qui laissera une marque indélébile. Ainsi le jeune homme développe un rap dans la plus pure tradition G-Funk qu’il “pimpera” rapidement via ses propres atouts. Il se souvient des radios pirates d’Angleterre et s’en empare pour le choix de ses instrumentaux. Ainsi les sonorités Grime reviennent à lui rapidement et même parfois des sonorités caribéennes (de part son oncle vivant en Allemagne avec qui il faisait du reggae plus jeune). Aujourd’hui, Keita livre un rap aux productions électroniques omniprésentes faisant de lui un élément unique de la scène de Toronto, un OVNI.

Amoureux du format album, il a déjà 6 projets de longue écoute à son actif et d’autres à venir. Malgré que son nom soit resté discret, il est aujourd’hui LE rappeur respecté des connaisseurs de la scène underground de “The 6”.

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