Louis Vuitton x Nike, les pionniers du customs

  • Nicolas Foret
  • 1 semaine Ago
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En 2021, mettre Nike et Louis Vuitton sur une sneaker ne choque plus personne. Les marques de luxe ont pourtant longtemps snobé le sportswear et ses client. Cependant aujourd’hui une paire de Air Force 1 est un classique pour n’importe qui. Il y a plus de 30 ans, un homme essayait déjà de rassembler ces deux univers autour de la sneakers en répondant simplement aux demandes de ses clients. Son nom, vous l’avez déjà entendu : Dapper Dan. Il est directement à l’origine des Air Force 1 x Louis Vuitton qui sortiront cette année.

 

 

Au début des années 80, la boutique Dapper Dan de Harlem était le lieu de rendez-vous de la scène hip-hop new-yorkaise. Pour montrer leur réussite, les Rakim, Eric B ou LL Cool J voulait porter les logos des grandes maisons de luxe européennes. À cette époque, les premières stars du hip-hop n’étaient pas les bienvenues dans les boutiques Louis Vuitton ou Gucci.

Parce qu’ils ne pouvaient pas aller dans les boutiques, Dapper Dan leur réalisait des vestes, teddy et pantalon sur mesure avec les monogrammes de leurs marques préférées. Au début, il achetait des sacs Gucci, Louis Vuitton ou Fendi, les découpais puis appliquaient leur monogramme sur ses pièces. Plus un client demandait de toile, plus elle était chère. Les New-Yorkais se sont naturellement lancés dans une surenchère avec des complets de monogramme pour montrer à tout le monde qu’ils étaient les plus riches.

 

 

Ces pièces uniques ont fait beaucoup parler d’elle dans les rues de New York si bien que Dapper Dan s’est vite retrouvé sans matière première. Pour ne plus être dépendant des boutiques, il décide de produire lui même ses propres rouleaux de monogramme. Il prend la partie d’utiliser du vrai cuir à la différence de Louis Vuitton qui utilise encore aujourd’hui de la toile enduite.

Bien que contrefaits, ses monogrammes de l’époque sont de meilleure qualité que ceux des marques de luxe. Il développe également lui même une méthode de cuir embossé ce qui contribue un peu plus à créer sa réputation d’artisan dans les rues de New York.

 

 

Au début, nous obtenions le tissu en découpant des sacs et des vêtements. Mais ensuite, j’ai trouvé un moyen d’imprimer sur du cuir et c’est là que les affaires ont explosé. Louis Vuitton n’imprime pas sur du cuir véritable, même aujourd’hui.

– Dapper Dan pour Sneaker Freaker

La sneaker arrive après cette frénésie. Le must de l’époque était d’avoir des sneakers qui matchait avec sa veste. Toujours à la demande de ses clients Dapper Dan s’est mis à appliquer ses toiles sur des chaussures. Air Force 1 Low, Air force 1 Mid ou New Balance 574 sont habillé de monogrammes Gucci ou Louis Vuitton.

Ces chaussures se retrouvent ensuite produites en masse des usines chinoises et arrivent sous les yeux des maisons de luxe. Après une série de plaintes, Dapper Dan est obligé de fermer sa boutique à Harlem, mais continue à créer des vêtements.

 

 

En liant Louis Vuitton et Nike, Virgil Abloh a voulu rendre un hommage personnel à une culture du custom avec laquelle il a grandi. Cette culture a mis pour la première fois le hip-hop et le luxe au même niveau. Depuis l’époque de Dapper Dan, la balance s’est inversée.

Les maisons de luxe n’avaient pas saisi l’importance culturelle que peut avoir le rap chez les jeunes. 30 ans plus tard, les marques de luxe reprennent les codes de Dapper Dan pour leur collection. Avec ses Air Force 1, Louis Vuitton rend hommage à une culture rejetée par la marque auparavant.

 

 

Les sneakers Louis Vuitton x Nike présentés pendant le défilé étaient Made In Italy. Rien n’est sûr pour les versions qui seront disponibles pour le plus grand public le seront également. La collaboration sortira dans quelques semaines et devraient suivre le même système de vente que les Air Jordan 1 x Dior.

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Nicolas Foret

Responsable éditorial / Team WAVE®

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