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Michael, fondateur de Starcow nous parle de la collab Nike x Carhartt WIP

  • Nicolas Foret
  • 1 semaine Ago
  • Sneakers
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À l’occasion de la sortie de la collaboration entre Nike et Carhartt WIP, nous nous sommes entretenu avec le fondateur historique du store Starcow à deux pas des halles. Véritable puit de connaissance au savoir respecté par toute la communauté, Michael nous a livré sa propre définition du streetwear telle qu’il l’a vu grandir et la vision qu’il peut en avoir aujourd’hui. Cet entretien était également l’opportunité d’échanger à propos de son histoire personnelle avec Carhartt WIP qu’il nous raconte à travers les clips de hip-hop qui ont construit sa culture.

Tu as ouvert Justcow en 1997, comment as-tu vu le streetwear évolué depuis cette période ?

Ce qu’on appelle le streetwear aujourd’hui, c’est ma passion depuis que j’ai 13 ans avec l’émission H.I.P H.O.P à la télé présenté par Sydney. Avec cette émission, j’ai tout de suite su vers où je voulais aller et les influences skates, BMX n’ont fait que me conforter dans mon choix. C’était les sappes qui m’interessaient à l’époque bien avant les sneakers. Les paires de chaussures encore aujourd’hui je les considère comme des accessoires, tout le monde peut porter une paire de Nike. Par contre quand tu mets un sweat à capuche c’est un message complètement différent que si tu mets un polo et ça permet de se différencier. Moi à la base ce que j’ai fait avec Starcow, c’était un magasin avec des vêtements de skate et d’autres pièces affiliées au monde du hip-hop.

Une sélection très orientée streetwear en quelque sorte ?

Non pas du tout car le streetwear n’existait pas en 1996. On parle de sportswear, de workwear mais le terme streetwear c’est une expression qui est arrivée dans les années 2000. Pour aller dans l’ordre, j’ouvre la boutique Justcow en 1996 en banlieue parisienne à Enghin dans un local à 3000 francs à l’époque et on démarre comme ça. On y vend des vêtements apparentés hip-hop, une sélection de t-shirts de skate et quelques paires de skate parce que ça coutait cher. Un mélange de skate et de hip-hop qui n’existe nulle part ailleurs à l’époque.

Pourquoi vous avez décidé de lancer Starcow en 2000 ?

L’univers de Justcow commençait à prendre et on voulait faire quelque chose d’un peu moins mainstream avec une sélection plus pointue. Petit à petit on commence à mettre des choses de côté dans ce que l’on achète et on décide d’ouvrir Starcow rue des Bourdonnais à quelques pas des Halles. À l’époque c’était essentiellement des t-shirts et seulement quelques paires de baskets. Une fois que ça commence à prendre on passe devant un local aux grilles fermées rue Saint-Honoré et on appelle l’agence immobilière pour s’installer dans ce qui deviendra le Starcow que tu connais aujourd’hui.

“Le terme streetwear c’est une expression qui est arrivée dans les années 2000” – Michael

 

(à gauche : Michael, fondateur de Starcow)

 

Comment était cette rue à l’époque ?

Dans cette partie de la rue près des Halles, c’était clairement de la merde. Il y avait pas un chat dans la rue, un grec plutôt mauvais en face, c’était une partie des halles un peu délaissée. Au même moment, Carhartt WIP était sans boutique dans le 1er arrondissement et je les ai contacté pour leur dire qu’il y avait un local libre dans la rue. La boutique Carhartt WIP s’installe a côté de chez nous et on crée un petit pôle rue Saint-Honoré. On s’est beaucoup inspiré de la boutique Bond de Londres qui ne distribuait que des marques super compliquées à trouver à côté de deux ou trois autres petites boutiques qui formaient un petit pôle.

Il n’y avait pas une rivalité qui a pu se former entre ces boutiques ?

Non car elles faisaient le même style sans forcement vendre les mêmes articles. Ça a simplement créé une belle dynamique et c’est ce qu’on a essayé de créer au début des années 2000 pour ne pas se retrouver avec un mec qui n’as rien à voir avec ce qu’on fait à côté de chez nous. L’objectif c’était que les gens se disent qu’ils allaient pouvoir trouver chez nous du Nike ou du Stussy et qu’à côté il y aurait du Carhartt WIP. Quelque temps après, Vans s’installe en face de chez nous, tout ce dont tu avais besoin à cette époque là était autour de nous.

Pour en revenir au terme de Streetwear, est-ce que tu penses que c’est pendant cette période qu’il a commencé à émerger ?

Le streetwear c’est le croisement de toutes les cultures du hip hop et du skate. Chacune de ces cultures avaient leurs propres marques et le streetwear c’est le terme qui réussi à englober tout ce mode de vie.

“Le streetwear c’est le croisement de toutes les cultures du hip hop et du skate” – Michael 

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Quel a été ton premier contact personnel avec Carhartt WIP ?

C’était en 1987 je crois, une Car-Lux, c’est ce qu’on appelle la combinaison de plongé chez Carhartt WIP. C’est la première pièce que j’ai eu de la marque, je l’avais vu sur un mec quand j’étais en quatrième. L’intérieur c’est un procédé de construction du tissu soudé à l’aide de deux rouleaux comme du polystyrene en fait. La matière à l’intérieur vient se coller sur la membrane à l’extérieur et ça il n’y a que Carhartt WIP qui arrive à le faire. C’est chaud, ça laisse des capuches bien droites et ça c’est très important.

T’as une obsession avec les capuches droites ?

Oui complètement, Cypress Hill ça a été aussi l’une de mes premières rencontre avec Carhartt WIP (ndlr : il nous montre le clip de How I Could Just Kill a Man). Bien évidement à cette époque on parle toujours pas de streetwear mais de workwear et Carhartt WIP c’est la tenue de ces mecs là. À cette époque là c’était des pièces qui permettaient de se reconnaitre entre nous. Ma deuxième pièce c’était un sweat a capuche blanc que j’ai trainé de 90 à 2000.

Comment tu l’as vu évoluer cette marque et comment t’expliques qu’elle soit si bien implanté à Paris ?

C’est grâce à ça ! (ndlr : il nous montre son écran avec Cypress Hill). Ma fille connait Carhartt WIP parce qu’elle me voit en porter et moi j’ai été influencé par toute cette période du hip-hop. Les gens comme moi, on crée des boutiques avec le coeur et on popularise des marques comme ça. C’est des passionnés qui peuvent véhiculer leur passion, après il y a des gens qui peuvent nous prendre pour des fous mais je préfère être fou comme ça qu’être coincé dans un bureau avec une cravate. Pendant 10 ans ça a été dur mais maintenant ça se passe bien et je vis de ma passion.

“Cypress Hill ça a été aussi l’une de mes premières rencontre avec Carhartt WIP” – Michael 

 

Aujourd’hui comment vois-tu toute cette effervescence autour du streetwear ?

Moi je me suis toujours habillé comme ça, j’ai toujours aimé porter telle ou telle pièce et je vais pas arrêter de le porter parce qu’il y a plus de monde qui en porte. Aujourd’hui il y a plein de gens qui prétendent vendre du streetwear mais qui crachent sur la culture américaine. Quand je dis culture américaine, je parle du monde de l’entertainement qu’ils ont su construire. Le skate et le hip-hop ça vient de là-bas et on ne peut pas le renier.

Comment pourrais-tu le définir le streetwear d’aujourd’hui ?

J’aime pas vraiment utilisé cette expression mais tout le monde est en plein revival des 90s. Les années 90 c’est un mélange de workwear, vêtement de montagne et un peu de sport. Après les années 2000 seulement on a l’apparition du streetwear pur et dur et à ce moment on a des marques qui fabriquent des pièces pour ce mouvement. On est passé de gens qui s’habillent en faisant du picking dans des choses complètements différentes à des marques qui fabriquent des collections spécialement pour eux. Le picking c’était des gens qui avaient tout a disposition et qui créaient en allant chercher dans un peu tout les vestiaires.

Quelle paire t’a le plus parlé dans cette collaboration Nike x Carhartt WIP ?

La Air Max 95 est vraiment bien, la Vandal arrive en deuxième parce que ça se rapproche plus d’une Dunk et qu’elle a un scratch surtout. Ça te permet de porter la paire un peu plus différemment, tu peux mieux gérer ton pantalon sur une Vandal que sur une Air Force.

La collaboration entre Nike et Carhartt WIP sera disponible le 6 décembre sur le Nike Store, chez Starcow ainsi que dans une sélection de revendeurs que vous pouvez retrouver dans notre release reminder.

 

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Nike x Carhartt WIP
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Image à la une : Toute l’équipe de Starcow devant le magasin
Crédits images : Mathieu Vilasco

 

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Nicolas Foret

Responsable éditorial / Team WAVE®

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