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On a rencontré Prince Waly dans sa ville de Montreuil pour la sortie de BOYZ

À l’aube de la sortie de son deuxième album, nous avons rencontré Prince Waly au coeur de sa ville de Montreuil. Le rappeur nous a fait visiter son fief, de la place de la mairie jusqu’au disquaire où il a ses habitudes en passant par le nouveau cinéma de la ville. Prince Waly nous partage ses ambitions après ce premier projet riche en featuring qui représente bien l’univers dans lesquel baigne le rappeur depuis ses débuts.

Comment s’est construit ce second album BOYZ ?

BOYZ c’est 8 ou 9 mois de travail, j’ai eu du mal à commencer, mais une fois que c’était lancé on a déroulé. Les 5 derniers sons je les ai fait en 2 ou 3 mois, j’étais bien dans mon travail. Il s’est d’ailleurs beaucoup plus professionnalisé pendant cette période, j’ai changé d’équipe et je suis surtout en train de monter une vraie structure. On roule avec Sony en distribution et quelqu’un va nous rejoindre pour organiser une tournée, ça devient vraiment un job à plein temps. Je continue de faire ma musique et mes clips avec qui je veux, personne ne va me dire quelque chose sur mon travail mais je suis mieux entouré

Marsellus Wallace se détache de ton univers 90s, est-ce que c’est la direction que tu veux prendre avec BOYZ ?

Ce morceau c’était le tout premier qu’on avait fait, il est volontairement plus artistique que les autres et présente une véritable histoire. C’est tiré d’un film (Pulp Fiction), le clip est très sombre c’est un réel parti pris d’aller vers ce genre cinématographique.

Il y a beaucoup de monde sur la tracklist de BOYZ, pourquoi avoir choisi d’être autant entouré ?

Il s’est passé beaucoup de temps depuis la sortie de Junior avec Myth Syzer et durant cette période j’ai pu rencontrer énormément de monde. Je voulais mettre en avant ces gens que j’ai rencontré et montrer au monde que j’étais connecté avec eux. BOYZ c’était le bon projet pour mettre tout le monde en avant. 

 

BOYZ je l’ai fait pour mon public – Prince Waly

 

 

On te considère souvent comme le rappeur des rappeurs, qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?

Au début, j’entretenais ce truc-là. Lorsque j’écrivais des lignes, je pensais spécialement à des phrases à destination de rappeurs précis. Avec le temps, c’est devenu un problème, je me suis rendu compte que j’écrivais plus pour les rappeurs que pour mon public. C’est forcément très flatteur, mais je m’étais enfermé dans une certaine catégorie de rappeur trop dans la technique et à force ça devenait trop mécanique. BOYZ je l’ai fait pour mon public et pour personne d’autre.

Tu as Alpha Wann sur ton album, qu’est-ce qu’il représente pour toi ?

Tous les rappeurs te diront que c’est le rappeur numéro 1 en France actuellement. C’est un des seuls qui m’inspire vraiment et qui me donne envie d’écrire. On est souvent mis dans la même catégorie tous les deux, mais je vois ça comme une concurrence saine. Pour moi c’est limite un compliment d’être comparé avec lui. Je suis vraiment content qu’il soit sur BOYZ.

Comment ça s’est fait pour les autres featuring ?

Tous les gens qui sont sur cet album sont des personnes que je connais bien et que je suis depuis longtemps. Tango John par exemple, il sait chanter et rapper en anglais, en italien, en français, c’est quelqu’un que je connais depuis 8 ans d’ailleurs. On enregistrait dans le même studio à l’époque et je lui ai toujours dit qu’il avait quelque chose de différent. Aujourd’hui je suis fier qu’il ait percé et je suis encore plus heureux qu’il soit sur mon album.

 

Il y avait toujours un décalage avec les États-Unis et avec les réseaux sociaux on a réussi à le réduire – Prince Waly

 

prince waly

prince waly wave

Comment tu vis ce retour en force du rap français aujourd’hui ? 

Pendant une période, le rap français était arrivé à un point où il me dégoûtait. Je ne voulais même plus en faire, je ne savais pas où était ma place dans ce paysage et j’avais peur d’être mal jugé en livrant mes sons. Ensuite, j’ai vu qu’il se passait quelque chose d’énorme et je ne voulais pas louper le train. Je pense aussi sincèrement que le rap français s’est vraiment ouvert à l’international. Il y avait toujours un décalage avec les États-Unis et avec les réseaux sociaux on a réussi à le réduire. Le fait que tout le monde s’inspire des États-Unis maintenant, cela me parle forcement beaucoup parce que j’ai toujours eu la tête tournée vers les US. Sincèrement, pour moi on est au coeur des meilleures années du rap français.

Comment ressens-tu justement cette demande actuelle autour de l’univers des années 90s américaines ?

C’est une logique de cycle, la mode d’aujourd’hui regarde toujours celle d’hier pour créer celle de demain. Personnellement j’ai toujours été imprégné de cette imagerie des 90s grâce à mes grandes soeurs et mes grands frères qui étaient de vrais passionnés de vêtements. Ils pouvaient passer de Versace à Umbro sans soucis, c’était une autre époque mais qui revient aujourd’hui au coeur de l’actu.

Qu’est-ce qui te parle aujourd’hui dans l’actualité au niveau vestimentaire ?

C’est compliqué parce que j’aime beaucoup de choses, mais ça ne me ressemble pas forcement. On va prendre l’exemple de Off-White, je trouve ça vraiment beau, mais les coupes ce n’est pas pour moi et ça ne me parle pas forcement. C’est pareil avec les TN, j’aime les modèles, mais je ne les porterai pas parce que ça ne me ressemble pas. Il m’est d’ailleurs arrivé d’en lancer en plein concert pour faire plaisir a mon public. Je porte plus des Pippen, des Timberland c’est plus mon délire. 

 

Le clip The Matress avec toutes les sappes Fendi c’était vraiment une claque pour moi – Prince Waly

 

prince waly

 

Qu’est ce que t’écoutes en ce moment en rap américain ?

Travis Scott, une bonne partie du a$ap Mob, Kendrick Lamar et Jay Rock aussi me parlent vraiment fort aujourd’hui. Les Américains sont vraiment intéressants au niveau de l’esthétique qu’ils construisent autour des artistes. Le a$ap Mob en est la définition parfaite, le clip The Matress avec toutes les sappes Fendi c’était vraiment une claque pour moi. L’album de Travis Scott je l’ai quand même beaucoup plus écouté que celui de Rocky cette année. Même si je respecterai éternellement le mec d’avoir ramené Moby sur un son. Au niveau de la nouvelle vague, je pense qu’il y avait réellement du génie dans XXXtentacion mais ce n’est pas ce genre de musique qui va me toucher. Je respecte surtout l’énergie qu’ils ramènent parce qu’en concert ils se donnent vraiment et ça fait plaisir à voir.

Comment vois-tu la suite après la sortie de cet album ?

L’objectif serait de faire vraiment beaucoup de scènes, c’est très important pour moi. J’ai commencé dans les open mic et je ne suis pas un rat de studio à rester dans une cabine pendant des mois. Le rap c’est le nouveau rock, on se jette dans la foule on fait des pogo. J’ai fait un concert dans le sud cet été, le public se rentrait littéralement dedans c’était du sport ce concert. Je suis aussi déjà reparti sur un deuxième projet qui devrait sortir dans pas très longtemps. Le but c’est de poser des fondations, que l’on puisse visualiser tout l’univers BOYZ. Un peu comme les Bad Boys au final, mais sans Puff Daddy parce qu’il est trop véreux.

BOYZ de Prince Waly est disponible sur toutes les plateformes de streaming et bientôt en vinyl. Le hoodie imaginé en collaboration avec Gouache pour la sortie de l’album est disponible sur le site de la marque.