Pi’erre Bourne : “J’ai 5 projets qui arrivent au cours des prochains mois”

  • Nicolas Foret
  • 3 mois Ago
  • Musique
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À seulement 26 ans, Pi’erre Bourne fait parti des producteurs les plus prolifiques du rap américain. 6ix9ine, NAV, Young Nudy et bien évidement Playboi Carti ont tous posé sur ses beats instantanément reconnaissables. Parce qu’il brillait trop pour rester dans l’ombre, le jeune producteur a décidé de développer sa propre carrière en parallèle. The Life Of Pierre 4, son dernier projet en solo a été salué par une critique plus habituée à écouter ses loops sous les lyrics de Carti. De passage à Paris pour performer 2 shows complets depuis plusieurs semaines, nous avons rencontré Pi’erre Bourne juste avant son premier concert.

Est-ce que c’est la première fois que tu viens à Paris ?

C’est la deuxième fois que je viens à Paris, mais c’est la première fois que je viens pour moi. La première fois je suis venu en tant que DJ. J’ai fait un show pour Playboi Carti et pour A$AP Rocky dans trois clubs différents en une nuit. Ils étaient tous complets c’était dingue. Je crois que c’était l’un des meilleurs jours de ma vie. Aujourd’hui, je suis là pour mon propre show donc je suis vraiment concentré sur ça.

 

Tu as produit pour Playboi Carti, 6ix9ine NAV ou encore Young Nudy, avec qui tu te sens le mieux en studio ?

Avec Playboi Carti tout est différent. La plupart du temps avec les autres personnes que tu viens de citer, je n’ai été que rarement en studio avec eux. Je leur envoie des beats, mais je ne suis pas physiquement là pour travailler dessus. Avec Playboi Carti, c’est une vibe plus authentique parce qu’on travaille vraiment tous les deux sur les morceaux. Une réelle amitié s’est nouée entre nous deux, c’est comme mon frère.

 

Est-ce que tu travailles différemment sur tes propres sons ?

Quand je travaille avec d’autres artistes, je dois toujours attendre qu’ils me fassent leurs retours pour comprends ce qu’ils veulent. Si on était dans un avion, je serais le copilote pour les artistes que je produis. J’essaye aussi d’être plus discipliné et organisé quand je travaille pour les autres. Je veux toujours rendre mes beats les plus structurés possible parce que la plupart des artistes avec qui je bosse sont très exigeants. Quand je bosse pour moi, je suis mon propre pilote donc je contrôle tout de A à Z. Je suis plus libre.

 

Ça nous décourage de voir des albums entiers leaker sur internet.

– Pi’Erre Bourne

Comment décides-tu de garder un beats pour toi et d’en donner aux rappeurs que tu produis ?

Quand je propose mes beats à d’autres, j’attends qu’ils me disent lesquels ils n’aiment pas. Après, je me fais un dossier avec des beats qui n’ont pas forcément fait l’unanimité et je les garde pour moi. Je ne peux pas dire que je connais le goût de tous les artistes pour qui je produis. Les goûts évoluent et il ne faut surtout pas être trop confortable dans un registre.

Est-ce que tous les leaks qui circulent te gênent ?

C’est ennuyant parce que ça désorganise tous nos plans pour notre musique. Quand un son leak, la première chose que je fais c’est de vérifier que ça ne vient pas de moi. Nous n’avons vraiment aucune idée d’où ça vient et je crois qu’il n’y a que le FBI qui pourrait trouver la source. Ça nous décourage de voir des albums entiers leaker sur internet. Ce sont des morceaux qui ne sont pas terminés et aujourd’hui tout le monde écoute des morceaux que je n’ai pas totalement bouclés.

Est-ce que tu connais quelques rappeurs français ?

Quand j’étais au lycée, j’avais un ami français qui m’a fait écouter énormément de hip-hop francophones. C’était en 2011/2012 donc ça fait déjà quelque temps, mais la plupart des musiques sonnaient comme du hip-hop des 90s. La musique était vraiment cool, mais honnêtement je n’ai plus aucun nom en tête. Je me souviens juste d’un clip avec une énorme pool-party. Il faut que je le retrouve …

 

Ça a toujours été quelque chose d’important pour moi de voir la musique et la mode avancer main dans la main.

– Pi’Erre Bourne

 

 

Il y a quelques semaines tu sortais ton dernier projet avec Jelly, comment l’as-tu rencontré ?

On était à l’université ensemble, mais on s’est perdu de vus pendant plusieurs années. On a reconnecté à Atlanta, il m’a accueilli dans sa maison quand je suis arrivé dans la ville. À l’époque, il enregistrait avec Zaytoven donc j’étais persuadé qu’il allait percer bien avant moi. Finalement, les choses ne se sont pas passées comme prévu pour lui et j’ai voulu qu’on travaille ensemble sur le projet. Il m’a vraiment beaucoup aidé quand je suis arrivé à Atlanta donc c’était naturel pour moi de lui rendre l’appareil.

Tu portes beaucoup de The North Face et BAPE, qu’est ce que représentent ces marques pour toi ?

Quand j’étais petit, j’ai toujours voulu porter du The North Face et du BAPE, mais je n’ai jamais pu m’en offrir. Maintenant, je suis content de pouvoir en porter, mais encore plus d’avoir travaillé avec ces marques. The North Face m’avait demandé de faire un concert pour la Nuptse Jacket à New York. La veste est très importante pour la culture new-yorkaise donc j’étais très excité de pouvoir incarner ce lancement. Pour BAPE, j’ai participé au lancement d’une G-Shock. C’est cool d’être reconnu par des marques que j’apprécie.

C’est toujours ton rêve de créer ta propre chaussure ?

Quand j’étais petit, je voyais des basketteurs, des rappeurs, mais aussi des producteurs avec leur propre chaussure. Je rêvais de pouvoir designer la mienne un jour. Ça a toujours été quelque chose d’important pour moi de voir la musique et la mode avancer main dans la main. Je voudrais vraiment faire ma propre chaussure, pas obligatoirement chez Nike, mais ça serait un honneur de le faire avec Nike.

 

En ce moment, j’essaye de terminer The Life Of Pierre 5.

– Pi’Erre Bourne

 

 

Tu fais partie de ces rappeurs qui ne portent pas de marques de luxe, pourquoi ?

Je pense que ça fait à peu près 1 an et demi que je n’ai pas vraiment été faire du shopping. Avant que je me lance vraiment en solo, je n’étais pas autant sur la route donc je commençais à accumuler beaucoup de vêtements et à en perdre certain. Ma famille est d’origine modeste donc ça n’a pas vraiment de sens pour moi d’être attaché à des choses matérielles. J’ai ralenti mes achats depuis que je suis en tournée, mais je veux vraiment développer mes propres collections de vêtements.

Quels sont tes prochains projets ?

En ce moment, j’essaye de terminer The Life Of Pierre 5. Je travaille également avec beaucoup d’artistes de mon label Soy Sauce Records dont Jelly fait parti. J’essaye de produire et mixer tous les projets de mon label donc ça me prend beaucoup de temps. Je suis en tourné là, j’avance doucement, mais une fois de retour en studio tout devrait se débloquer rapidement. J’ai environs 5 projets qui devraient sortir au cours des prochains mois dont un projet similaire à Slim’mer avec uniquement mes beats avec un autre artiste. Il y a le projet de Playboi Carti, Whole Lotta Red qui devrait arriver et Nudy Land 2 aussi.

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