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Richardson, Pornographie, Streetculture et liberté

Dans une époque où tout doit être politiquement correct, il est difficile pour les créateurs de profiter à 100% de leur liberté. Andrew Richardson arrive lui à faire ce qu’il lui plaît en flirtant avec le mauvais goût. Originaire d’Angleterre, Andrew Richardson est à la base un simple vendeur chez Kenzo. Après un passage chez Calvin Klein, il monte à New York pour travailler avec le photographe Steve Meisel. Pendant 3 ans il découvre le milieu New Yorkais et travaille sur le livre « Sex » de Madonna. Fasciné par le monde de la pornographie, il se met en tête de rencontrer les plus grandes pornstar et de les interviewer.

Depuis cette époque l’objectif de Andrew Richardson n’a pas changé. Il publie son premier magazine « Richardson » en 1998, avec en couverture Jenna Jameson, une pornstar à la tête d’un empire de la pornographie. La couverture est provocante et les sujets sont abordés d’une manière subversive par des artistes reconnues. Mélanger l’art, la pornographie devient sa signature. Avec ce magazine, il veut tester les limites de la vulgarité quitte à choquer. Son objectif est de trouver le bon équilibre entre le mauvais goût et la sophistication.

Au fond, le magazine est une affaire de provocation et de confrontation ; le sexe n’est que le moyen qu’on utilise pour provoquer. On essaye de découvrir qui sont ces femmes, mais sans être désinvoltes ou grossiers

– Andrew Richardson pour Slutever

Profitant d’une grande liberté, il sort ses magazines quand il veut. Le numéro 2 sort en 2000, le troisième en 2003 avant une pause de 7 ans pour le numéro 4. Durant cette longue période de hiatus, il sort sa première collaboration avec Supreme. Ami depuis toujours avec James Jebbia, cette collaboration lui fait découvrir une streetculture aux ascendants punk encore à ses débuts. Il lance une première collection pour accompagner la sortie du septième numéro de son magazine. Pour ses vêtements il applique la même règle que sur son magazine. Les images de la pornstar Tori Black photographiée par Araki sont imprimées sur des basiques qu’il améliore avec des nouveaux matériaux.

Andrew apprécie ce qu’il y a de mieux en matière d’art, de musique, de mode et de culture, mais aussi ce qu’il y a de plus avant-gardiste dans l’underground. Il est un mélange des deux, ce qui transparaît dans ses créations.

– James Jebbia pour le Wall Street Journal

Richardson devient rapidement une marque subversive portée aussi bien par les membres de la team Supreme que par les artistes de New York. Julia Fox, Kate Moss et Rihanna l’aident à la faire exploser et son tee-shirt « Hardware » devient un item culte. Avec ses vêtements, Richardson continue de flirter avec le bon goût. Il peut faire une collaboration avec un restaurant de New York qu’il a aimé, mais aussi avec des marques comme Fuct, FPAR, WTAPS ou Converse. Andrew Richardson a une certaine idée de la liberté qu’il lui permet de s’affranchir du politiquement correct et d’emmener les marques avec lui. Sa marque est aujourd’hui vendue dans le monde entier avec 3 boutiques à New York, Los Angeles et Tokyo.

Si vous n’avez pas goût, vous ne pouvez pas faire un travail vulgaire. Mais si vous avez bon goût, vous pouvez casser ce bon goût et faire quelque chose de très intéressant

– Andrew Richardson pour SSENSE

Le magazine Richardson continue lui d’être édité de manière irrégulière. En 10 numéros des pornstar comme Sasha Grey, Tera Patrick et Stoya ont été photographiées par Larry Clark, Harmony Korine ou Jenny Saville. Il donne également la parole à des célébrités comme Blac Shyna et Kim Kardashian qu’il tente d’humaniser dans ses colonnes. Richardson est devenue une icône des contre-cultures et une marque de vêtements pensée pour continuer de provoquer.