YZLA : “Si on réussit on ne devra vraiment rien à personne”

  • Nicolas Foret
  • 3 mois Ago
  • Musique
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La scène musicale francophone est en pleine évolution et nombre de nouveaux visages façonnent désormais son panorama. « Nouvelle Vague » est un format dédié à ces personnalités émergentes qui seront certainement sur le devant de la scène demain. Le but, donner la parole à des artistes en devenir qui sont encore loin d’avoir révélé l’ensemble de leur potentiel. Des entretiens-vérité qui posent les bases d’une carrière que nous suivrons de près dans les colonnes de WAVE®

Vivier de rappeurs qui ont marqué à jamais l’histoire du rap français, Paris Nord accueille désormais toute une jeune génération de talent en devenir. YZLA commence à se faire une place parmi cette scène très active qui n’hésite pas à se soutenir. Épaulé par Jazzy Bazz, il a sorti La Grande Ourse en septembre 2018 dans lequel son mentor s’est invité sur un featuring. YZLA s’est également associé a 2ZER et Sopico sur un projet qui l’a plongé dans le grand bain du rap français. Il revient aujourd’hui avec une série de 4 morceaux, comme une transition pour une année 2019 remplie d’enjeux pour le rappeur du 19e. Entretien à domicile, au coeur de Paris Nord.

Où est-ce que tu as grandi ?

J’ai toujours habité dans le 19e arrondissement au même endroit. J’ai encore plein d’amis avec qui j’ai grandi qui habitent à proximité. J’ai rencontré Jazzy Bazz en bas de chez moi. Ça lui arrivait parfois de traîner en bas de mon bâtiment, il faisait partie des grands qu’il m’arrivait de côtoyer. J’avais une forme de respect pour lui puis on a fini par sympathiser.

Tu as commencé en groupe, avec un autre nom, quel souvenir tu as de cette époque ?

Aujourd’hui, je le vois comme le centre de formation. On enregistrait dans une chambre. C’était une autre époque sans les plateformes de streaming et avec les rap contenders. On fréquentait beaucoup un studio dans une arrière-boutique d’une assurance où les mecs de l’Entourage ont fait leurs gammes. J’ai pu baigner dans cette dynamique du rap français de l’époque.

En septembre, tu as sorti ton premier projet, comment tu as travaillé dessus ?

La Grande Ourse c’est mon premier projet professionnel. Il s’est construit naturellement avec Bagdadi qui avait réalisé mon premier clip. Il s’est ensuite mis à produire des morceaux et on a commencé à enregistrer dans son école de cinéma. On a réalisé la moitié du projet là-bas et en même temps j’envoyais des maquettes à Jazzy Bazz qui me faisait ses retours. Il m’a invité au studio Grandeville où j’ai enregistré à peu près 1 morceau par mois. Au début, il n’y avait pas de featuring, mais Jazzy Bazz m’a proposé d’apparaître dessus. Je le voyais souvent, mais je n’avais pas la prétention de l’inviter sur mon projet. J’ai invité 2ZER aussi que j’ai rencontré dans le 19e et Sopico que je connais depuis le lycée. C’est des featurings qui se sont faits naturellement. En avançant sur le projet, Jazzy Bazz m’a expliqué que je pouvais avoir un deal et une avance qui me permettait de bosser sereinement.

J’aimerai bien qu’il y ait une équipe autour de mois pour régler nos galères, mais si on réussit on ne devra vraiment rien à personne – YZLA

 

 

Comment as tu appréhendé ce business autour de la musique ?

Ce n’est pas du tout des choses auxquelles je pensais à la base. Eff Gee de l’Entourage m’a beaucoup aidé sur cette partie. Il m’a tout expliqué et on est allé démarcher ensemble les distributeurs. J’ai ensuite monté mon propre label avec Bagdadi pour sortir le projet. J’ai construit ma petite structure de mon côté, ça avance peut-être moins vite que quelqu’un qui signe dans une grosse boîte, mais je suis entièrement libre. On fait encore tout nous même donc parfois j’aimerai bien qu’il y ait une équipe autour de mois pour régler nos galères, mais si on réussit on ne devra vraiment rien à personne.

Tu as grandi avec quel genre de musique ?

Je me souviens que tout petit, mes parents m’avaient acheté en même temps l’album de Manau et celui de Eminem. J’ai beaucoup écouté Eminem, quand il a sorti 8 Miles j’ai pris une claque. Le rap français est arrivé plus tard au collège. Booba, par exemple, quand il a sorti Pitbull je l’écoutais en boucle. Au lycée c’était Sexion d’Assault, ils étaient très techniques et avait monté une vraie compétition entre eux dans leur groupe qui les tirait vers le haut. En rap américain, j’étais plus dans le RnB avec Chris Brown et surtout T-Pain. Aujourd’hui j’écoute beaucoup de mecs comme Drake ou Travis Scott, j’ai suivi les gros noms de leur époque au final. J’ai toujours beaucoup écouté la radio quand je conduis, je cuisine, etc. Par exemple j’écoute Skyrock dans ma salle de bain parce qu’il y a que ça qui capte sinon je suis plus sur Génération. Lorsqu’ils passent des sons que je n’aime pas, j’essaye de comprendre pourquoi ils fonctionnent.

Est ce que c’est important pour toi de rester en contact avec ce qui fonctionne justement ?

Je pars du principe que si tu aimes vraiment la musique et le business qui l’entoure tu dois t’intéresser à toutes les carrières. Le travail de Aya Nakamura m’intéresse autant que celui de Hamza pourtant à la base c’est deux mondes différents. Le rap représente aujourd’hui un éventail tellement large que pour moi c’est juste de la musique au final.

J’ai envie de faire un deuxième projet similaire en terme de format à La Grande Ourse – YZLA

Tu peux très bien kicker et chanter dans le morceau, est-ce que c’est important pour toi de représenter tout cet éventail ?

Ma culture musicale a fait que j’ai consommé des genres très différents. Aujourd’hui mon objectif avec ma musique c’est de faire ce qu’il me plaît et aussi de faire vivre des émotions différentes à travers mes morceaux. J’aime pouvoir poser sur plusieurs types d’instrumentaux et ne pas être enfermé dans un genre. Quelqu’un comme Alpha Wann, qui a certainement sorti le meilleur album de 2018, s’il se met a chanter son public ne va peut-être pas le suivre. Personnellement j’ai envie d’être libre de faire ce qu’il me plaît et pouvoir essayer différentes choses tout en restant naturel.

Dans les prochains jours, tu vas sortir la suite des Prismes, est-ce que tu peux m’expliquer l’idée derrière ces morceaux ?

Ces quatre morceaux pour moi c’est comme une période de transition. C’est 4 morceaux avec 4 clips autour de 4 couleurs qui représentent différentes facettes de ma musique. Cette série, c’est encore une étape supérieure pour moi. C’est un petit projet qui me tenait à coeur.

Qu’est ce que tu prévois de faire après cette série ?

J’ai envie de faire un deuxième projet similaire en terme de format à La Grande Ourse. Sûrement dans un univers un peu plus large, mais ça serait toujours produit par Bagdadi et on travaille actuellement dessus. L’objectif c’est de le sortir avant 2020.

La Grande Ourse de YZLA est disponible sur Apple Music, Spotify et Deezer.

 

 

 

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