Les 3 défilés marquants de la fashion week de Londres

  • Thomas Chassin Jousse
  • 3 semaines Ago
  • Clothing
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À quelques semaines du Brexit, la Fashion Week de Londres 2020 a dû se réinventer. L’une des nouveautés les plus marquantes repose sur cette alliance avec la Fashion Week de Milan qui recevra une partie du programme londonien. Parmi ces nouveautés, les “London Show Rooms” seront mis en place pour accueillir les jeunes designers britanniques et italiens montants. Autre fait notable, après ses expositions à Londres la semaine dernière, Samuel Ross et A Cold Wall* profiteront de Milan pour lancer leur runway. En attendant, retour sur les 3 labels qui ont retenu notre attention à Londres

Paria Farzaneh

Voilà maintenant plusieurs années que nous suivons le parcours de Paria Farzaneh, une créatrice qui comme Nicholas Daley a grandi sous l’aura de deux cultures fortement éloignées. Des racines iraniennes mêlées à une jeunesse londonienne pour une créatrice authentique, à l’identité visuelle aussi unique et marquée par ces motifs iraniens traditionnels.

La prouesse réalisée par Paria Farzaneh est d’être parvenue à allier de nombreux codes. D’abord, il faut remarquer une évolution vis-à-vis des précédentes collections, avec une dimension utility-wear bien plus marquée. Proche de toucher le sportswear de luxe, Paria Farzaneh augmente la notion fonctionnelle de ses pièces tout en utilisant un coton produit de façon traditionnelle à Ispahan en Iran. Les connotations à la culture et au savoir-faire artisanal iranien crèvent l’écran, guidées par ces répétitions de motifs.

Quittant les podiums pour introduire la salle aux codes d’un mariage Iranien, Paria Farzaneh se justifie en expliquant vouloir saisir l’émotion d’un public attentif à une scène de fête et de joie.

Les podiums ne me font rien ressentir, je préfère pouvoir captiver votre ressenti, vos émotions.

– Pariah Farzaneh

Ce nouveau show aura également permis de retrouver la collaboration avec Converse et une sélection de pièces Gore Tex.

Nicholas Daley

Symbole même du multiculturalisme qui était le coeur de cette étape londonienne, Nicholas Daley continue de marquer les esprits. Avec sa double origine jamaïcaine et écossaise, le créateur continue de redéfinir la vision que nous pourrions associer aux codes de l’héritage du vêtement britannique. Moteur d’attraction, Nicholas Daley ne s’est jamais limité au seul art de la mode, qu’il fusionne depuis ses débuts avec un univers musical cohérent à chaque show. Fidèle et réfléchi dans son développement depuis sa création en 2015, chaque saison semble prolonger la suivante et le créateur tient à appuyer sur cette idée d’élargir les champs de capacités d’un designer.

En tant que designer, en tant que créateur, j’ai l’impression d’avoir l’obligation de ne pas seulement faire de la mode. C’est une idée de communauté que j’essaie de continuer et de développer.

– Nicholas Daley

Nommé “The Abstract Truth” ce défilé est un nouvel exemple de l’ambiance instauré par Nicholas Daley sur ses défilés. Le visuel de ses créations reflète l’ADN de l’enseigne avec un cachet imposant. L’élégance anglaise perd de son strict au profit de lignes souples et d’une palette de couleurs intenses. Le travail des matières et l’ambiance Jazz Chic règnent en maître. Les ensembles tartans et leur aspect laineux offrent des lignes fluides qui allient le cosy à l’élégance et ce gilet matelassé technique captive les regards.

On remarque également que de nombreux modèles portaient des adidas Superstar personnalisées, un clin d’oeil aux trois bandes après une collaboration autour d’un béret.

Martine Rose

C’est Martine Rose qui vient conclure ce trio. La créatrice londonienne mise sur la continuité et les flashback visuels. Derrière cette élégance toujours aussi perturbante, Martine Rose pioche dans ses archives et multiplie les références à sa carrière à l’image du message “Expect Perfection”.

Les gens disent toujours qu’ils auraient aimé pouvoir encore mettre la main sur ces t-shirts, alors j’ai pensé que je donnerais aux gens ce qu’ils veulent.

– Martine Rose

L’ambiance est au old school pour ce défilé qui respire les années 80. Tous les modèles traversent les couloirs d’une école, chacun coiffé d’une large frange grossièrement frisée. Loin de cette simplicité apparente, chaque détail apporte un contraste puissant. Un contraste que la créatrice juge essentiel pour susciter le véritable intérêt. Des imprimés répétés sans limites sur l’ensemble du denim au latex introduit dans la collection sans oublier un taylorisme plus classique, la diversité des inspirations de Martine Rose est rassemblée dans ce défilé hommage à son parcours.

 

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